


Bonjour à vous tous,Bien le bonjour depuis le Quercy où je me trouve aujourd'hui (à Cajarc plus précisément).
Mon Chemin a bien changé depuis une dizaine de jours, c'est très différent, en ce sens que je pense avoir dit adieu à cette solitude qui a construit de si beaux moments jusqu'ici et je me suis ouvert au fait d'être à présent sans cesse confronté aux autres et à leurs façons de vivre leur chemin. On remet tout en question tous les jours et c'est
très bien ainsi !Mon corps me suit de mieux en mieux (ou bien c'est moi qui le suit et l'écoute plus ...) et je n'ai plus aucun problème à ce niveau ...
Ma décision prise au Puy de plus-encore me laisser guider au jour le jour et de lâcher les prises (réservations, finances, etc.) qui devraient me rassurer et me structurer, me fait aussi du bien. J'apprend à faire
confiance et à dire simplement OUI ... Cette nouvelle optique de marche m'a donné l'occasion de passer des soirées inoubliables avec des ACCUEILS dignes d'en porter le nom où votre hospitalier ou hospitalière a voulu vous accueillir de façon tellement entière que des larmes sont versées au départ du matin et de simples et belles étreintes sont données aux perrons des portes (dommage que vous ne puissiez pas voir une splendide photo prise par Jean où un hospitalier et moi nous serrons dans les bras ...
encore un geste important que le chemin m'apprend à faire !!)La bénédiction et le départ au Puy m'a moins impressionné qu'à Vézelay, même si un jeune prêtre nous a donné une très intéressante homélie sur la signification de la Communion. Nous étions environ 80 à recevoir une petite médaille et à être envoyés sur la route ce jour-là. Mes premiers kilomètres ont consisté en le dépassement d'une masse
impressionnante de pèlerins en tous genres ;Il y avait les éclopés qui freinaient, boitaient ou arrêtaient déjà après quelques km car non préparés ou mal équipés,
Il y a ceux trop nombreux et que je vois encore souvent aujourd'hui et que j'appelle les P.P's (Pèlerins Pique-Nique) qui sont âgés de 45 à 55 ans et qui ne portent qu'un sac avec quelques biscuits, une gourde et la coquille et qui se voient être ravitaillés par des chauffeurs de camionnettes d'un splendide lunch à midi et leurs sacs être déposés au
soir dans les gites qui leurs sont complètement réservés depuis déjà deux mois (au détriment des autres pèlerins)Il y a aussi les drôles qui marchent avec leur parapluie et Le fameux Pèlerin Blanc (que j'ai croisé) qui fait tous les ans l'aller et le retour à pieds nus et tout de blanc vêtu.
Passé cette première journée, on se retrouve dans un flux de pèlerins diminué des "touristes" à une 15aine de pèlerins croisés par jour et
qui ont une démarche un peu plus proche de la mienne.Alors se met en route un principe de rencontre hyper-agréable que j'appellerai "la mondanité pèlerine" : on marche une 1/2 journée avec l'un, 2 ou 3 jours avec d'autres, parfois tout seul et on se recroise 2 jours plus tard en demandant des nouvelles de ceux qui sont ou devant ou derrière ... Comme dans les Cocktails mondains, il y est possible de vite se détacher d'une compagnie qui a duré le temps qu'il fallait et on est toujours super-content de se retrouver un peu plus
tard ... par contre, contrairement aux Cocktails, les gens que vous y rencontrez sont toujours comme vous car ils n'ont qu'eux et leur sac à dos et en plus, là, ils vous écoutent souvent POUR DE VRAI.Alors, depuis une dizaine de jours, j'ai eu le plaisir de marcher beaucoup ou quelques jours avec :
Il y a Jean et Nicolas: Deux belges de 21 - 22 ans qui veulent arriver jusqu'au Pyrénées. J'ai
eu beaucoup de plaisir à marcher avec eux car la gentillesse même de Nico rend le voyage de compagnie si aisé et l'impressionnante passion qu'a Jean pour la nature m'a permis d'apprendre de lui tant et tant de toutes ces petites choses que la Nature veut nous dire mais pas toujours audibles pour nos oreilles de citadins.Il y a Jacqueline et Chantal qui vont courageusement jusque Cahors
Il y a Rudolf, pèlerin cycliste suisse allemand de 63 ans qui ressemble à un vieil acteur américain dont j'ai oublié le nom, c'est vraiment un "Beau Vieux" et il le sait à ce point qu'il courtise toutes les P.P's dans les gites au soir. Il m'a trop fait rire lorsque pour me dire au revoir un matin où nous avions partagé la même chambre, il est monté sur le toit du couvent pour me faire une somptueuse imitation du meuglement de la vache suisse en guise d'adieu
Il y a Murielle qui a déjà fait Santiago et qui veut terminer seule cette boucle par cette partie du chemin ... et qui m'a promis de parler de moi à ses deux filles ;-)
Il y a Guy, l'écossais qui pratique la méditation bouddhiste, aime marcher sous la pluie et se cache dans les abbayes (même 1 mois si nécessaire) dès que le soleil se présente. Distrait comme je n'en ai jamais vu (si vous voulez le trouver, il faut toujours chercher dans un rayon de 5 à 6 km autour du chemin ...!) et Passionné de littérature française, il marche ainsi avec son sac au dos et toujours dans sa main droite un énorme sac plastique contenant un Larousse FR-ANGL, un grosse encyclopédie de la littérature française et quelques livres ... un 

personnage !!Il y a encore Mario qui vient du Québec
Il y a aussi Crumble, jolie Corse rencontrée à Conque, que

j'attends aujourd'hui (j'ai pris une journée de congé) afin de marcher un peu ensemble car elle va jusqu'à Santiago.Il y a Alexander, juriste Allemand qui est aussi parti de chez-lui (càd Cologne), pour rejoindre le Cap Finistera ou il brulera comme moi ses habits anciens sur la plage afin de s'habiller de blanc pour rentrer
chez-lui.Il y a Imri, autrichienne qui décidera aux Pyrénées si elle va ou non plus loin
Il y a Coline qui a 20 ans et qui va jusqu'à Figeac, mais qui veut absolument revenir après pour aller au bout de cette belle aventure qu'elle a commencé
Il y a Bernard le bordelais qui accompagne son vieil ami savoyard de 68 ans Jean-Pierre qui marche en forme de S à cause de ses
problèmes de dos et d'un mauvais sac ... Nico et moi avons bien déjà essayé de le lui porter suspendu à un bâton, mais je crois qu'il aura dur à aller au bout ...Et il y a encore tous les autres dont je ne parle pas et ceux que je me réjouis de rencontrer les prochains jours et les prochains mois ...
Mes derniers mots seront pour vous parler de la Nature qui m'impressionne un peu plus chaque jour.La Margeride hésite entre les pentes couvertes de résineux où le granit affleure ça et là en de jolis chaos et les premières plaines sauvages qui rappellent de vieilles iles irlandaises.
L'Aubrac m'a donné l'impression d'être un guerrier perdu au beau milieu de steppes Mongolienne ... Les plaines sont Grandes et magiques, il n'y a pour ainsi dire aucune habitation, vous êtes amenés à traverser comme vous pouvez des endroits inondés par l'eau où occupés par les vaches
. 







Le Quercy vous donne l'impression d'être un berger qui longe d'innombrables murs de pierres en surveillant que n'en sorte pas un serpent et vous permet d'observer une large variété de fleurs poussant sauvagement en dessous de petits chênes tortueux.Qu'il est bon de pouvoir, au travers de tous ces paysages, sentir, voir et écouter des choses qui nous dépassent ...
Voilà pour les petites nouvelles, je vous souhaite le meilleur à chacun et chacune, je vous remercie pour les commentaires et petits mails reçus qui me permettent de ne pas oublier que j'ai aussi un chez-moi, pays, une famille et des amis qui m'attendent.
Je vous embrasses ;
Olivier



13 commentaires:
Olivier,
je suis heureux de te retrouver sur ce chemin qui avance.
Chaque matin, depuis ton arrivée au Puy, je consulte ton blogue pour voir où tu en es. Et te voilà à Cajarc!
Te lire me ramène aux bienfaits du chemin.
Je te souhaite mille autres belles découvertes.
Olivier,
Tu m'as bien fait rire dans les descriptions de tes compagnons de route. Je me retrouve, il y a 5 ans. C'est bien vrai que ton chemin est fort différent depuis que tu pars vers l'ouest.Je te rejoins quand tu dis que la bénédiction du Puy est fort différente de celle de Vezelay.Pour moi, il manquait la chaleur humaine. Cette chaleur qui t'a fait reprendre le chemin alors que tu étais en plein doute.Cela fait presqu'un mois, que de chemins parcourus, que de rencontres, que d'émotions tu nous donnes par ton blogue. Je me réjouis de te savoir en meilleure forme physique.Profite de ce temps que tu t'es offert.
A bientôt,
Vincent P
Salut frerot,
C'est chouette de voir comment le chemin évolue, non seulement au niveau des paysages mais aussi au niveau des personnes et à ton niveau personnel...ça se remarque si on compare tes premiers courriels et ceux de maintenant...que de chemin parcouru. Chaque fois que je te lis, et je pense ne pas être le seul, je suis partagé entre d'abord l'envie de faire comme toi et puis je me rencontre que n ous faisons chacun route dans notre quotidien...mais d'une façon différente. La nature semble plus goûteuse et gaie là où tu arrives..profites-en car après cela va se corser!!!:-) (petit jeu de mot par rapport à tes rencontres humaines et naturelles programmées). On est tous avec toi
Michel
Ainsi donc tu as franchi le cap de la solitude des premiers 800 km pour rencontrer la caravane si merveilleusement décrite et ressentie des voyageurs pèlerins avec ses jeunes, moins jeunes, plus vieux, éclopés, farfelus,originaux mais tous animés d'une même recherche:comme les rois mages qui suivaient leur étoile...
Qu'il est bon de lire toutes ces lignes qui nous apportent la chaleur et l'humanité du serrement dans les bras, du oui quotidien, de l'écoute pour de vrai et de cette dame nature qui a tant à nous dire.Merci de nous permettre de brûler aussi un peu de nos anciens habits à la lecture de ton voyage!
Nous sommes si heureux que tes jambes te portent mieux !
Allez! maintenant cap tout à l'ouest et dans l'impatience de tes prochaines nouvelles que nous savourons tous ensembles , nous t'embrassons bien bien fort , on pense bien à toi
Coucou Olivier,
Que de belles aventures tout ca! C'est incroyable le chemin que tu as déjà parcouru, sur la carte vraiment très impressionnant!
Maintenant, tu te rapproche de l'Espagne,...n'oublie pas qu'un de mes amis serait vraiment très heureux de t'acceuillir à Burgos.
Je lui ai beaucoup parlé de toi, suis fière de mon frère ben oui!
La nature a l'air magnifique là où tu te trouve, quel bol d'air!
T'embrasse très fort Olivier, reviens-nous quand même hein dis!
Bénédicte
Bonjour Olivier et merci de me permettre de revivre ce chemin "magique". Je pense beaucoup à toi, mon "filleul" du Gallego, et te souhaite bonne continuation dans les pas des pèlerins qui t'ont précédé. Regarde, écoute, prie et participe, c'est l'unique façon de vivre pleinement ton pèlerinage. Mais à te lire je peux constater que tu le vis.
Pour ton info : je rentre du chemin de la côte ; tout comme la Via de la Plata, c'est un chemin de solitude.
Sois heureux.
José
Cher Olivier,
Michel et Sophie sont venu manger il y a 8 jour à la maison et nous ont parlé de ton pélérinage. Quel magnifique chemin tu nous permets de partager avec toi depuis ces 8 jours. Tous tes témoignages nous apportent tant de réflexion que c'est chaque fois une joie de te lire. Merci pour ce beau partage et nous sommes chaque jours en prière avec toi sur les routes. Bonne route !
Antoine et Sophie de Vuyst
Olivier,
Pour ton information, l'abbé Michel Esparza vie actuellement à Logrono. Voici ses coordonnées :
Calle Menéndez Pelaya, 9 , 1° à 26002 Logrono. Tél. : 941-25.48.35
Bonne route !
Sophie et Antoine de Vuyst
Salut Olivier,
Reçois l'amitié de la petite famille Singrelin qui te suit à distance et qui dès vendredi va se rapprocher de toi...
A bientôt
Dav
Hallo Olivier,
Wat goed te lezen dat het je goed gaat (voor zover ik het Frans kan lezen) in ieder geval schiet je aardig op! Geniet van je reis en bon camino.
Groeten, Sjoerd
Superbe les photos... mais on voit que la météo n'est top... mais le paysage est vraiment magnifique et très diversifié. On pense bien à toi et on t'embrasse. A bien vite la joie de te relire.
Salut frerot,
sois sur que nous sommes super nombreux à lire ton blog et, en fonction de ce qu'on veut te partager, les messages viennent sur gmail ou sur le blog. Bravo pour les photos...ça me démange régulièrement de transmettre ton adresse à un ami qui a déja édité plusieurs livres tant ce que tu écris est vivant, vrai et prenant.
Notre petite Belgique va bien, sous la grisaille ou le soleil, entre lassitude politique et passion footbalistique...en attendant les jeux olympiques!
prends le temps de t'arrêter un peu au Pays Basque, c'est une région magnifique et méconnue. La transition entre les alpages français et le "far west" espagnol (montagnes rouges, canyons etc..) est surprenante.
Vamos amigo!
Salut Olivier,
Petit coucou d'Ascento! "Enfin" tu vas nous dire.
Ici tout va bien mais tu nous manques pour allumer les bougies;-)durant les sessions d'OP et pour tant d'autres choses!
Quand est-ce qu'on ouvre un bureau d'Ascento dans le sud. On compte sur toi pour nous trouver un bel endroit.
Il nous semble que tu rencontres des belles hollandaises, on est curieux d'attendre ton accent à ton retour?
Toujours un plaisir de te lire!!
Bonne route et à bientôt!
Les collègues!!
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